La reconstruction mammaire autologue consiste d’une part, à prélever sur une partie du corps du tissu qui est transplanté dans la région mammaire ensuite. Il peut s’agir de tissu cutané ou graisseux. Cette intervention est idéale après une mammectomie ou une mastectomie, car elle permet d’éviter les séquelles de la chirurgie conservatrice.

Séquelles de la chirurgie conservatrice

La chirurgie conservatrice du sein laisse d’importantes séquelles (déformations mammaires, malposition de l’aréole, séquelle cutanée, tumeurs des quadrants supero-externe et/ou interne, tumeurs des quadrants inférieurs, etc.) dans l’ordre de 20 à 30 %. Ces séquelles sont causées par l’association de deux techniques qui sont la chirurgie et la radiothérapie. Pour corriger ces dommages, la patiente est bien souvent obligée de recourir à une chirurgie de reprise ou une chirurgie plastique de correction esthétique. Or, après une radiothérapie, il n’est pas toujours facile d’apporter une correction esthétique au sein. Il est reconnu qu’une chirurgie conservatrice, dans 1/3 de cas, n’est pas souhaitable pour les femmes atteintes de cancer de sein, et qu’il faut lui préférer une mastectomie qui lui permettrait d’éviter de telles séquelles.

Reconstruire ses seins, mais comment ?

Il existe trois formes de reconstruction autologue : la greffe de lambeau pédiculé, la greffe de lambeau libre, le transfert de graisse autologue.

La reconstruction par prélèvement tissulaire est très complexe : elle doit agir sur le site de prélèvement et sur le sein à implanter, ce qui induit une rançon cicatricielle plus importante.

Le tissu autologue doit être sélectionné de manière à correspondre à la qualité du tissu des seins, qui est un tissu mou, et surtout aux dimensions souhaitées. Ce tissu est appelé lambeau. L’abréviation qui suit le lambeau désigne le pédicule vasculaire, c’est-à-dire, l’artère et la veine qui irriguent la région où le lambeau est prélevé, sauf le lambeau pédiculé TRAM et celui du grand dorsal. Il  existe plusieurs types de tissus autologues ou lambeaux.

Les différents types de lambeaux

Les types de lambeaux utilisés dans une reconstruction mammaire autologue dépendent des sites de prélèvement. Il y a les lambeaux DIEP, TRAM ou SIEA qui sont prélevés sur l’abdomen; sur les fesses on peut obtenir le lambeau SGAP et le lambeau IGAP ; les lambeaux PAP et TMG sur la face postérieure et interne des cuisses ; le lambeau du grand dorsal prélevé sur le dos.

Pour la reconstruction mammaire par plastie des lambeaux libres, 3 étapes sont nécessaires : insertion du lambeau dans la région mammaire, modelage pour lui donner la forme, anastomose des lambeaux prélevés aux vaisseaux sanguins receveurs (il s’agit des vaisseaux des aisselles ou thoracodorsaux ou les vaisseaux mammaires internes (ceci est fait au microscope).